Description
Contexte : L'anémie sévère est un problème de santé publique majeur dans le monde entier, touchant de manière disproportionnée les enfants en Afrique, où environ 40 % des enfants de 6 à 59 mois sont concernés. Elle entraîne des complications importantes pendant et après l'hospitalisation. Cette étude vise à évaluer la prévalence et l'impact de l'anémie sévère dans deux hôpitaux de référence au Bénin.
Méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective dans deux hôpitaux de référence au Bénin : le Centre hospitalier universitaire mère-enfant de Lagune (CHU-MEL) et le Centre hospitalier départemental de Zou/Collines (CHD/Z-C). Les données sociodémographiques, cliniques et biologiques ont été extraites des dossiers médicaux des patients admis en pédiatrie en 2023 à l'aide d'un questionnaire standardisé. L'anémie sévère clinique a été définie comme une anémie avec signes de décompensation nécessitant une transfusion sanguine, et l’anémie biologique sévère comme un taux d’hémoglobine < 5 g/dl. Les données ont été collectées et analysées avec Kobo Collect et Stata 15.0.
Résultats : Au total, 7 152 dossiers pédiatriques ont été analysés. Environ 50,14 % présentaient une anémie clinique sévère et 49,30 % une anémie biologique sévère. Un tiers des cas (34,8 %) étaient dus à un paludisme sévère. Une transfusion a été nécessaire chez 88,2 % des enfants atteints d’anémie sévère. L’âge < 2 ans et la malnutrition sévère étaient associés à une augmentation de la mortalité hospitalière en cas d’anémie sévère.
Conclusion : L’anémie sévère est un facteur majeur d’hospitalisation pédiatrique, souvent lié au paludisme. Sa prise en charge efficace doit nécessiter la prise compte de plusieurs facteurs. Une stratégie intégrée, combinant chimioprévention post-sortie (PDMC) et interventions nutritionnelles ciblées, est essentielle pour réduire la mortalité dans les zones à forte transmission du paludisme
| Section | Recherche originale |
|---|---|
| Mot-clé 1 | anémie sévère |
| Mot-clé 2 | impact clinique |